Alimentation ayurvédique

Salade de chou vert

Comme pour toute médecine naturelle qui se respecte, l’ayurvéda reconnait l’influence primordiale de l’alimentation sur notre état de santé physique et psychologique. Ce qui est moins connu, c’est que l’ayurvéda peut nous simplifier la tâche de sélectionner les bons aliments tout en adaptant notre diète à notre nature individuelle.

L’alimentation ayurvédique fait appel à nos perceptions sensorielles et gustatives, nous demandant d’être à l’écoute de soi afin de trouver notre diète idéale, selon les circonstances. Outre la notion d’adaptation selon les individus et circonstances, la capacité de digérer et d’assimiler la nourriture est un autre concept-clé de l’alimentation en ayurvéda.

1 – ASSIMILER LA NOURRITURE

Selon l’ayurvéda, il faut d’abord s’assurer de la capacité de l’organisme à digérer et à assimiler les nutriments, avant de chercher à peaufiner les détails de sa diète. Plusieurs facteurs influencent notre digestion : la taille de nos repas, la santé de notre flore intestinale, la nature de nos aliments ainsi que les saveurs qui dominent notre alimentation.

Surveiller la taille et la fréquence des repas

Pour commencer, nous devons modérer la taille des portions des repas et observer un jeûne d’environ 12 à 14 heures entre le souper et le déjeuner du lendemain, afin de laisser le système digestif métaboliser convenablement la nourriture.

Attiser le feu digestif

Pour bien assimiler, il est important de manger selon notre appétit et d’éviter de manger uniquement pour des raisons émotionnelles et compensatoires. De plus, les aliments amers ou piquants favorisent la sécrétion des sucs digestifs : salive, acide chlorhydrique, bile et autres. Pour choisir ce qui nous convient entre une salade amère ou une tisane de gingembre par exemple, considérons que les aliments piquants sont davantage réchauffants alors que les amers refroidissent. Par ailleurs, nous pouvons les consommer en apéritif pour stimuler l’appétit ou alors en digestif après un repas trop copieux.

Entretenir la flore intestinale

La majorité de l’assimilation se fait au niveau de l’intestin grêle, où les enzymes produites par nos bactéries intestinales achèvent de séparer les aliments en constituants assimilables. La santé intestinale peut être encouragée de plusieurs manières : en favorisant une alimentation alcalinisante et dépourvue d’aliments raffinés, en consommant régulièrement des aliments prébiotiques et en calmant le système nerveux, notamment en évitant les boissons stimulantes.

2 – ADAPTER NOTRE ALIMENTATION À NOS BESOINS

L’ayurvéda considère que nos besoins alimentaires diffèrent selon notre nature propre et aussi selon les circonstances et l’environnement. L’ayurvéda nous aide à découvrir nos tendances naturelles : par exemple, nous sommes enclins à manger des repas chauds l’hiver alors que nous favorisons les fruits et les légumes frais pendant l’été. En revanche, certaines de nos inclinaisons deviennent parfois excessives et nous devons les tempérer.

L’alimentation et les trois doshas

Encore une fois, tout repose sur le concept des trois doshas, c’est-à-dire les trois principes ayurvédiques qui régissent l’équilibre de la santé. Ceux-ci se nomment vata, le mouvement, pitta, la transformation et kapha, la préservation. Une compréhension relative des trois doshas est essentielle pour identifier notre nature individuelle ainsi que notre état actuel, ce qui nous permet ensuite de modifier en conséquence notre alimentation.

De saveurs et autres perceptions sensorielles

Une fois l’état d’une personne identifié en termes de doshas, nous pouvons ajuster notre alimentation notamment d’après la texture, la consistance et les saveurs des aliments. Les aliments dont la saveur douce ou sucrée prédomine sont généralement plus lourds et caloriques et conviennent davantage aux natures et aux déséquilibres de type vata et pitta tandis que les plantes amères, souvent peu nourrissantes, mais désintoxiquantes, profitent à pitta et kapha.

3 – VERS LA SIMPLICITÉ ET L’AUTONOMIE

Une fois établies la compréhension et la perception de ces trois forces qui opèrent en nous, mouvement, transformation et préservation, il est rafraîchissant de constater à quel point il est simple et naturel de choisir son repas en fonction de saveurs et de textures. Tout en conservant une juste place aux connaissances nutritionnelles scientifiques et aux philosophies alimentaires, vous retrouverez cette capacité innée de vous nourrir selon vos ressentis plutôt que selon des principes intellectuels. N’oubliez pas que, contrairement aux théories nutritionnelles modernes, l’ayurvéda bénéficie d’une expérience empirique plusieurs fois millénaire.

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par Jonathan Léger Raymond, herboriste accrédité et thérapeute ayurvédique

2018-10-05T13:30:06+00:00